Yven de Sult Prince capricieux

Nombre de messages: 11 Age: 18 Date d'inscription: 21/01/2008
Feuille de personnage Age du perso: 25 ans Don: Créer des -petits- montres de terre
 | Sujet: Re: Rencontre au milieu des statues Mar 25 Mar - 20:42 | |
| Le prince de la ville regarda le prostitué faire le singe dans les branches de l'arbre. C'était idiot ! Il n'y avait que les enfants et les imbéciles pour s'amuser à ce genre de bêtises. Mais cette gaminerie avait eu le mérite de lui faire relever la tête et ses yeux ternes, on pouvait même voir un soupçon de réprimande dans ceux-ci. Pourquoi ? Peut-être parce qu'il ne comprenait pas qu'un être si vieux fasse de tels enfantillages. Cela lui faisait froncer les sourcils, mais cela l'amusait aussi sans doute. Son avis était partagé. Comme bien souvent. Il observa le manège de l'incube. Il avait l'air d'un chaton. Un petit chat fragile qui n'aurait plus seulement neuf vies, mais une infinité. C'était beau et si lassant à la fois. Savoir que même s'il le poussait il reviendrait inlassablement à la vie, qu'il remarcherait sur cette branche. Tellement identique. Toujours pareil. Il regarda le félin retomber à coté de lui. Il se leva, doucement, sans grâce, mécaniquement. Il planta son regard d'acier dans celui du prostitué.
"Alors ta folie est bien douce. " dit-il d'un ton froid, glaçant même.
Il se pencha vers le bel ange. Ou du moins, vers celui qui en avait l'apparence. Il saisit son visage, quelque peu violemment. Puis l'embrassa. Sans délicatesse. Sans avoir l'intention de lui donner le moindre plaisir. Sans amour. Il retira sa bouche après lui avoir mordu les lèvres. Puis le lâcha. Comme on lâche une chose qui n'a plus son utilité.
"Ma folie n'est pas comme la vôtre. " Il s'avança vers les statues. Il s'approcha du sarcophage. Ce sarcophage qui restituait si bien la beauté de l'original. Sa main parcourut son visage. Puis elle saisit l'épée à sa ceinture. D'un coup ébranla le marbre. Le visage vola en éclat. "L'espoir ne vous fait pas vivre ici. Vous ne faites que mourir un peu plus. Ici, l'Enfer, c'est les Autres. L'enfer, c'est le supplice de ne jamais voir la fin de cette mort. " Sa voix était triste. Cassée. Tout comme son âme. Tout comme ce marbre. Tout comme ce monde. "Cette statue n'est plus vous." murmura-t-il en assénant un nouveau coup dans le marbre.
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Endymion Aristotelès Damnation des sens

Nombre de messages: 13 Age: 18 Localisation: au gré de mes passions Humeur: taquine et séductrice Date d'inscription: 24/01/2008
Feuille de personnage Age du perso: 21 ans Don: deviner les zones les plus sensibles du corps des gens
 | Sujet: Re: Rencontre au milieu des statues Sam 29 Mar - 19:17 | |
| Posé, l'Incube se laissa embrasser, son corps y répondant mécaniquement tandis que ses yeux devenaient vitreux. Sans réagir, il vit le noble exprimer son opinion, détruire le visage de marbre... Il se maudissait. Il maudissait son corps, sa beauté... Cet ironique destin qui le condamnait à servir de jouet... Comme il le haïssait ! Comme il voudrait le détruire... Plantant ses ongles dans son cou, il les enfonça le plus profondément possible, les retirant et laissant le sang couler. Du sang ? Non, ce n'en était pas. Le sang est le fluide vital, la vie part en même temps que lui. Ici, il pouvait saigner autant qu'il le voudrait, il ne mourrait pas. Il ne mourrait plus. Dommage. Le suicide a du bon quand on est vivant, on peut disparaître quand on veut. Dans ce monde, il pourrait se suicider autant qu'il le voudrait, il ne mourrait pas. Ce n'était pas du suicide... Juste de la torture physique envers ce corps qui ne souffrait pas autant que son âme toute la journée durant, dans cette chambre... Ce corps qui le trahissait chauqe jour davantage en refusant de s'enlaidir... Une larme. Puis deux, trois, quatre... Les larmes dévalaient désormais le visage d'Endymion qui ne dévoilait pas la moindre émotion. Son âme ne pleurait pas, elle s'y refusait, elle restait inflexible comme le métal de son regard. A moins que ce ne soit le contraire ? Que ce soit son âme qui pleurait, et son corps qui restait littéralement de marbre ?_ Ce n'a jamais été moi... Sa voix était devenue atone, nullement étouffée par les larmes. Elles coulaient toutes seules sans que le visage de l'Incube ne se crispe en un reniflement ou autre. Il était là, semblable à une statue. Une statue qui pleurerait... Approchant du sarcophage, il l'observa un instant, avant de tranquillement le pousser, serein. Le lourd marbre s'écrasa avec fracas au sol, se brisant. Brisé... Comme lui. Ne pouvant être réparé. Comme lui. _ Maintenant, c'est moi.La boule de boue miniature s'agita soudain, et finit par voleter jusqu'à la plaie, y posant ses mains minuscules pour tenter d'endiguer le sang. L'effort avait fait accélérer le flot de sang, mais il ne sentait rien. Il restait indifférent à la lourdeur de ses membres. Il savait que même si il s'évanouissait, il ne mourrait pas. Le sang mettait toujours un peu de temps à se reconstituer. Plus que les membres brisés. C'était pour cela qu'il ne se blessait qu'en faisant couler son sang. Pour, un instant, s'affaiblir, sentir un vertige s'emparer de lui. Comme celui qu'il sentait s'approcher. La fée de boue poussa un cri d'alerte, tandis que le visage du prostitué se baissait doucement, le flot de sang se calmant peu à peu. La plaie était en train de se refermer doucement, le sang cessait de couler. Et Endymion basculait peu à peu, si lentement, vers le sol, ses yeux fermés. Noir. Enfin... Il glissa en avant, s'affaissant avec un bruit mat, certains éclats de marbre le blessant. Maintenant, le sarcophage lui ressemblait... Maintenant, il ressemblait à son sarcophage... Brisés, l'un comme l'autre. Beaux, sublimes, et emplis d'un vide immense qui les dévorait et les faisait tomber en morceaux. Noir... Le prostitué se faisait l'impression de flotter dans les airs, dans un liquide chaud... Sensation étrange. Peu à peu, il se sentit comme étouffé, l'obscurité se glissant en lui, laissant passer un gémissement de douleur à travers ses dents serrées. Peut-être Yven l'entendait-il. Mais il n'avait même plus conscience de la présence du noble. L'obscurité laissa place à une salle pleine de miroirs, de miroirs brisés qui pourtant le reflétaient parfaitement. Il était en miettes, il sentait son coeur sur le point d'exploser, il avait envie d'hurler. Peut-être hurla t'il. Peut-être pas. Le noir revint, rassurant cette fois. Mais lui, était terrifié, pétrifié. Lentement, ses yeux se rouvrirent sur le musée, la salle des statues. La fée de boue, penchée sur lui, s'agitant en tout sens. Terreur. Panique, désespoir... C'était quoi, ce qu'il venait de voir avant ? Ca signifiait quoi ? Est-ce qu'Elle serait intervenue ? Impossible. Alors ? Par réflexe, il leva la tête, difficilement, puis se redressa. Son corps le faisait souffrir mais pas comme si un client l'avait battu à presque mort, non... Plutôt comme si une souffrance venue de l'intérieur de lui-même le rongeait... Se glissant même à l'intérieur de ses os...
Le noble lui revint à l'esprit comme un boulet de canon. Comme un boulet tout court. Oui, Yven était pour lui un boulet qu'il se traînerait longtemps... Toute l'éternité, en fait, magnifique ! Lui qui détestait montrer ses failles, sa haine de lui-même, à quel point il était tordu, lui qui ne supportait pas l'idée de dépendre d'un être, lui qui ne voulait surtout pas se faire ou se laisser attacher, voilà que tout ça lui tombait sur le coin en la personne de cet homme cruel et pourtant aussi blessé, brisé que lui. Il avait la poisse ![ petite panne d'inspi', j'ai fait mon délire toute seule... pauvre Endymion, je lui en fait voir de toutes les couleurs ! Quoique, surtout en noir en fait... ] |
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